Winter biking: not as scary as you think?!

Le vélo d’hiver : un plaisir quotidien plus qu’un exploit !

Notre ambassadrice Marie-Pierre Savard explique que le cyclisme d’hiver vaut la peine d’être essayé.

Depuis une vingtaine d’années déjà, le vélo est mon mode de transport de prédilection, 12 mois par année ! Au fil de mes déplacements en milieu urbain, j'ai bien réalisé que rouler l'hiver n'est pas un exploit réservé aux athlètes de l'extrême. C’est, avant tout, une habitude accessible à toute personne qui souhaite sortir un peu de sa zone de confort !

Bien sûr, j’ai eu mes moments difficiles, voire dangereux, mais les kilomètres m'ont appris et, aujourd'hui, mon approche est différente… Ma sécurité est ma priorité ! Je ne suis pas si pressée que ça et, si je ne le sens pas, j’opte pour un Plan B pour me déplacer. De cette façon, le vélo d'hiver reste un plaisir plutôt qu'un défi insurmontable. Le texte qui suit souhaite donc vous convaincre de tenter l’expérience, bien plus accessible qu’on le croit.

« T’as pas trop froid en vélo ? »

C'est la question qu'on me pose le plus souvent quand on me voit débarquer avec mon ensemble de vélo d’hiver ! Et ma réponse est non : la plupart du temps, je n’ai même pas froid ! Le vélo urbain est une activité dynamique. Entre surveiller le trafic, freiner et accélérer pour passer sur une lumière jaune, je n'ai pas vraiment le temps d’avoir froid sur un trajet d’une trentaine de minutes. Au début, chaque sortie était un apprentissage sur le nombre de couches à porter, jusqu’à ce que je trouve mes combinaisons idéales selon les températures annoncées.

Le matériel : mes incontournables

Mon premier conseil niveau matériel : utilisez ce que vous avez déjà et adaptez-vous par la suite, un problème à la fois ! Allez-y par couches au lieu de vêtements trop chauds et n’investissez pas dans des pièces ou équipements trop sophistiqués, car l’hiver est rude pour le matériel aussi.

      Le vélo : Pour mes trajets urbains quotidiens, j’adore mon vieux « une vitesse », le Specialized Rockhopper. Il ne paie pas de mine, ce qui est parfait pour décourager le vol, et avec une seule vitesse, adieu dérailleurs rouillés et vitesses qui gèlent ! Il est facile à entretenir, confortable et amusant à rouler.

      Les pneus : Comme investissement initial, c’est ce que je suggère. Avoir une bonne traction est nécessaire pour gagner en confiance et se sentir en sécurité. À titre indicatif, présentement, je roule avec un pneu à clous à l’avant (Schwalbe Winter 26 x 1.75) et un pneu cramponné à l’arrière (Schwalbe Marathon 365 26 x 1.75). J’ai cependant longtemps eu des pneus de cyclocross beaucoup plus étroits et ça fonctionnait bien ! Je me dois aussi d’ajuster (assez souvent) la pression de mes pneus selon la surface du jour, question d’avoir plus (ou moins) de traction.

      Les garde-boue : Indispensables pour rester au sec, même si je n’en suis pas une grande fan ! J’ai opté pour des modèles en plastique, larges et amovibles, qui laissent assez d’espace pour éviter que la neige s’accumule. Moins efficaces que des garde-boue plus couvrants, j’aime surtout le fait que je puisse les enlever facilement !

      Le miroir : Ce n’est que l’hiver dernier que j’ai décidé de me procurer un miroir, puisque mon nouveau casque restreignait un peu ma vision latérale. Ce petit bijou me donne presque des yeux tout le tour de la tête et me permet de mieux voir les voitures qui arrivent sans devoir dévier mon regard de la chaussée. Un must dont je ne me passe plus.

Voir et se faire voir : L’hiver, la luminosité baisse vite et la visibilité des usagers de la route est réduite. Entre mes mouvements rapides pour éviter les nids-de-poule et les plaques de glace et les automobilistes pressés, je veux m'assurer de voir (avec mes phares USB rechargeables) et d'être vue ! Vêtements aux couleurs vives, bandes réfléchissantes collées un peu partout, et surtout le sac Arkel Signature D « Hot orange » qui crie « m'as-tu vu ? » ! Je ne suis pas gênée d'avoir l'air d'un sapin de Noël si ça me permet de me sentir en sécurité !

Logistique, sécurité et flexibilité

Se déplacer l'hiver demande un peu plus d'organisation, mais cela devient vite une habitude. Prévoir des vêtements de rechange ou consulter la météo au réveil pour choisir l'habillement du jour sont maintenant des gestes intégrés à mon quotidien !

Les déplacements hivernaux nécessitent aussi une bonne dose de flexibilité : je modifie souvent mes parcours selon l'entretien des pistes et l'état de la chaussée. Faire un détour pour emprunter une rue plus large ou mieux déneigée en vaut largement la peine pour ma paix d'esprit, même si cela rallonge le trajet de 5 minutes !

Ceci dit, rouler l'hiver n'est pas toujours tranquille. Quand la météo est extrême ou que les conditions sont désastreuses, je n'hésite pas à choisir une option B pour me déplacer. Cette année, j’ai trouvé l’hiver plus éprouvant, au point d'emprunter une Communauto presque chaque semaine pour ne pas m'écœurer du « vélo-boulot ». Le vélo reste mon premier choix, mais m'enlever l'obligation d'être un exemple parfait de la mobilité active me permet de continuer à aimer ma pratique. Ça doit rester un plaisir, pas un exploit à prouver à tout prix !

Plus qu'un transport : une habitude saine !

Au-delà des économies de temps et de CO2, le vélo d’hiver a fait de moi une meilleure cycliste... et une meilleure automobiliste ! Mes réflexes sont plus aiguisés, je me sens plus en contrôle de mon vélo et les chaussées glacées et enneigées me font beaucoup moins peur ! Mon souhait ? Que le vélo d'hiver ne soit plus considéré comme un exploit, mais comme une alternative réelle. Et pour ce faire, cela prend des infrastructures de qualité, bien entretenues 12 mois par année, pour que chaque personne puisse s'y sentir en sécurité et, enfin, les utiliser !

P.S. : Pour s’initier dans un cadre structuré, le programme de mentorat en vélo d’hiver de Vélo Québec est une ressource très pertinente. Gratuit et disponible dans plusieurs régions, il jumelle des cyclistes d'expérience avec des novices pour briser la glace en toute confiance.

 

Marie-Pierre Savard