Must-do cycle touring/bikepacking trips and races

Un été à rouler au Canada : mes « must » de 2026 !

Notre ambassadrice Marie-Pierre Savard vous présente ses courses de rêve et, espérons-le, vous inspirera à essayer l’une (ou plusieurs) de ces épreuves.

Je reviens tout juste d’un mois de vacances de bikepacking au Guatemala, où j’ai pu bien commencer ma saison avec un entraînement intensif dans les montagnes guatémaltèques. J’adore partir à ce moment-ci de l’année, au début du printemps, pour ensuite revenir et me sentir en forme pour le début de la saison de vélo à Montréal. Mais cette année, avec la température grise, le retour a été plus difficile et je suis rapidement retombée dans mes rêveries… Que faire de mon été et quelle destination choisir pour mes prochaines petites vacances ?

Dans ma tête, je rêve d’un été à errer, à pédaler et à voyager ici et là, au pays. Mais le Canada est grand et les distances rendent les déplacements plus compliqués. Puis, en toute honnêteté, je n’ai pas tant de vacances en été ! Je vous partage donc une « to-do list » fictive pour 2026 d’événements auxquels j’aimerais participer et de clubs avec qui j’aimerais rouler. Je ne pourrai certainement pas tout faire, mais rêver n’a pas de limite !


Great Northern Bikepacking Route (GNBR)  

Le GNBR est sans doute l’itinéraire de bikepacking le plus long au pays. Traversant le Canada de Victoria (C.-B.) à St. John’s (T.-N.) sur des routes principalement non pavées, ce trajet de 13 000 km est divisé en 11 segments. Bien que très peu de personnes puissent se vanter de l’avoir complété en entier, un Grand Départ officiel est organisé chaque année en mai. Et dans une optique plus réaliste, voici deux sections qui m’interpellent et que j’aimerais bien faire ou refaire.


Photo credit: @trip.longer
  • Calgary à Regina: Oubliez les Rocheuses de l’Alberta et les grands parcs nationaux de l’Ouest, ma proposition est plus inusitée : les Prairies ! Cette section d'environ 1 000 km, qui chevauche les segments 2 et 3 de la GNBR, présente peu de dénivelé et s'avère accessible pour cyclistes de tous les niveaux.  J’imagine cette route verdoyante et colorée avec des champs de blé et de canola à perte de vue. Des paysages typiques des prairies, propres à la contemplation, wow! C'est aussi l'occasion de découvrir une culture et une hospitalité rurales différente de ce que nous connaissons au Québec. 

  • Terre-Neuve : Ce segment (le #11) de 900 km suit le T’Railway, un ancien chemin de fer reconverti en sentier multiusage. J’ai eu la chance de visiter Terre-Neuve à deux reprises, dont une fois en 2019 pour rouler ce fameux sentier; ce fut le coup de foudre ! Attention toutefois : le terrain est exigeant (sable, gros cailloux,gravelle lousse, boue, etc..), mais le faible dénivelé pardonne. Et pour les cyclistes qui ont plus de temps ou qui voudraient varier le terrain avec davantage de panoramas maritimes, les itinéraires alternatifs proposés sur le site de la GNBR constituent d'excellentes façons de se rallonger pour maximiser le déplacement!


La Buckland sur Gravelle

Cette course de gravelle se distingue par son dénivelé imposant sur de magnifiques routes de montagne ! Et ça se passe le 4 juillet 2026 dans le petit village de Buckland, dans la région de Bellechasse-Etchemins au Québec. Avec trois parcours variant entre 50 et 146 km, l'organisation propose une journée rassembleuse et à échelle humaine, et ce, malgré l’exigence du terrain et son dénivelé « pas piqué des vers » ! 

Ayant moi-même participé l’an dernier, j’ai été complètement séduite par la difficulté brute de cette course et je confirme sa réputation : Le Gros Buck (146 kms) est sans doute la course de vélo de gravel la plus difficile au Québec, oui ! Participer à la Buckland est un beau défi à se fixer et, selon la distance choisie, demandera un certain entraînement en montée au préalable (ne faites pas la même erreur que moi !). Et mon conseil : tant qu'à y aller, prévoyez quelques jours de plus pour découvrir les environs du Parc régional du Massif-du-Sud; Bellechasse-Etchemins est une région au grand potentiel cyclable étonnamment encore peu connue.


Photo credit: @trip.longer

Club Vélo Randonneurs du Québec (CVRQ) 

Le CVRQ propose des brevets d’ultracyclisme sous forme de boucles à réaliser dans un temps déterminé, avec des points de contrôle obligatoires en chemin. Ces sorties, variant généralement entre 150 et 1 000 km, offrent un cadre structuré pour sortir de sa zone de confort progressivement (ou pas !). Et avec un calendrier de plus de cinquante sorties par année au départ de plusieurs villes au Québec, les occasions de rouler avec eux ne manquent pas.

Bien que ces longues distances puissent paraître intimidantes, rouler avec le CVRQ donne confiance! Pour avoir partagé la route avec ce club  à quelques reprises, j'apprécie d'y retrouver des gens de tous les profils et horizons, portés par une camaraderie sincère plutôt que par un esprit compétitif. De plus, bien que l'adhésion soit payante, il est possible d'effectuer deux sorties d’essai gratuites avant de s'engager pour l'année.

Le club se distingue aussi par ses propositions variées. Que ce soit sur routes pavées, lors de leurs « Grevets » (les 200kms sur gravelles) ou même durant leur 200 km sous zéro , le CVRQ propose des défis parfaits pour repousser ses limites, peu importe le terrain ou la saison !


Photo credit: @trip.longer

Golden Horseshoe Bikepacking Race 

Cette épreuve de près de 1 700 km à travers l’arrière-pays ontarien est officiellement sur ma liste pour 2026, avec un Grand Départ prévu le 27 septembre prochain à Toronto. Fondé en 2025 par Theo Kelsey-Verdecchia, le Golden Horseshoe se démarque par la qualité de son parcours : un itinéraire méticuleusement planifié, physiquement technique, qui s'extirpe rapidement de la métropole pour s'enfoncer dans la nature profonde jusqu’au parc provincial Algonquin.

Participer à ce Grand Départ m’enchante énormément ! Ce sera l’occasion pour moi de découvrir de nouvelles régions de l'Ontario, portée par la motivation de la très longue distance : rouler assez longtemps pour réellement déconnecter et profiter de ce que la nature (et mon corps) ont à offrir. J'ai hâte !

Les Fines Garnottes 

En tant que cofondatrice et présidente de cet OBNL, je ne pouvais passer sous silence ce fabuleux collectif cycliste basé à Montréal ! Les Fines Garnottes, c’est mon bébé, oui, mais c’est surtout un club de vélo de gravel et d’aventure destiné aux femmes ainsi qu’aux personnes trans et non binaires. Avec une vingtaine de sorties par an dans une dizaine de régions du Québec, notre approche accessible et inclusive  privilégie le plaisir de rouler ensemble et l’importance de la découverte.

Des sorties d’un soir, d’une journée et d’un week-end (bikepacking) sont proposées gratuitement ou à faible coût, et ce, pour tous les niveaux. D'ailleurs, la bibliothèque de tracés de notre club sur RideWithGPS est publique et permet aux cyclistes d’accéder à plusieurs circuits plus ou moins connus, où la gravelle et les sentiers secondaires sont privilégiés. Une excellente référence à garder en tête lorsque l’on manque d’inspiration !

Voilà ce qui définit mon été de rêve imaginaire : une saison rythmée par des chemins variés et l'énergie de communautés engagées. Si j’ai choisi de mettre en lumière ces événements et ces organismes, c’est aussi  parce qu’ils incarnent des valeurs qui me sont chères, dont l’accessibilité et le dépassement personnel.

Bonne saison!

Marie-Pierre Savard