4x4- Bikepacking Quebec's ZEQs

4 x 4- les ZEC en vélo

Il faut commencer par le commencement. Mise à part emprunter l’un des plus beaux et sauvages espaces que le Québec a à offrir, cette route comprend également une partie d’histoire. Il faut retourner avant les années 60, là où les plus beaux territoires et les meilleurs lacs poissonneux du Québec étaient réservés à une élite, rassemblée au sein de clubs. Au début des années 70 les adeptes de plein air, chasseurs et les pêcheurs ont réclamé la fin de ces clubs. Le « déclubage » par phases commence dès les années 1970. Le 22 décembre 1977, Yves Duhaime annonce au peuple québécois : « Nous vous remettons ces nouveaux territoires. » Les zones d’exploitation contrôlées (ZEC) sont alors créées. C’est dans cette lancée de réappropriation de ces secteurs que j’ai eu envie d’aller découvrir les ZEC à ma façon… en VÉLO!

Le but de la route était de pouvoir se faire sur une période de deux jours (ou plus) et de traverser le plus de ZEC possible. En commençant les recherches sur les ZEC près de chez moi (que je connaissais déjà) j’ai vite réalisé l’ampleur du terrain qui se présentait à moi. La beauté de cette région est grandiose et je comprenais l’amplitude de ce qui pouvait y être réalisé! Après une ou deux nuits de Google Earth la route était née! 215 km, 4200 m de dénivelé positif avec 90% de chemins non pavés, LE PARADIS!

Nous avions prévu un weekend pour réaliser cette route. C’est en prenant le départ tôt un samedi matin que nous avons décidé d’attaquer cette aventure. En affrontant la ZEC de L’Anse-St-Jean en premier, un territoire fabuleux avec plusieurs chemins de 4x4 traversant plusieurs lacs. La deuxième ZEC à enchaîner était la ZEC du Lac au Sable. Cette ZEC porte bien son nom. Des routes très sablonneuse et plus difficile à pédaler, le genre de route qui donne l’impression que deux coups de pédales en vallent un. Par chance, cette section, ainsi que toutes les sections de la route, a énormément de points de ravitaillements en eau. La ZEC du Lac au Sable nous faisait par le fait même quitter la région du Saguenay pour basculer vers Charlevoix, là où notre premier et unique arrêt de ravitaillement en nourriture est possible, à Clermont.


C’est en touchant l’asphalte de la ville de Clermont que nous avons la chance de nous ravitailler en nourriture. C’est aussi le meilleur moment pour prendre une pause bien méritée avant d’attaquer la plus grande ascension du parcours mais aussi la plus belle portion. Suite à la fin de la section de bitume se trouve, aux pieds du fabuleux Mont Morios, les portes de la ZEC des Martres, un secteur d’une beauté exceptionnelle et sauvage. C’est ici aussi que le plus dur commence. Les beaux chemins de terre se transforment graduellement en ascension abrupte et longue, longeant rivières et lacs d’une beauté sans pareille. C’est en arrivant sur les hauts plateaux charlevoisiens que nous pouvons constater l’ampleur du territoire qui nous entoures, des sommets, des lacs et des rivières à perte de vue. Au kilomètre 131 km dans la Zec des Martres est aussi le crux du parcours, une bonne section de HikeBike commence jusqu’au sommet de la ZEC des Martres et la descente vers la fabuleuse rivière Malbaie au kilomètre 161 est tout aussi abrupte et technique, de la grosse roches est au rendez-vous. C’est en grande partie pour cette section technique que le vélo de montagne est requis et que la note de technicalité grimpe.

La dernière partie offre le répit et la beauté de rouler sans efforts à travers la ZEC du Lac Brébeuf, un endroit calme, parsemé de chalets de chasseurs, de pêcheurs qui sont comme nous, amants de la nature. C’est avec des sourires et des bonjours que vous serez accueillies dans ce secteur qu’on pourrait presque appeler la maison tellement on peut sentir l’approche de la fin de cette aventure.  



De notre côté nous l’avons fait en 2 jours, incluant une nuit en tente aux abords de la rivière du Gouffre dans la ZEC des Martres, un endroit parfait pour décompresser et se baigner après une bonne journée sur le vélo et avant d’entamer LA montée du parcours. Par contre le tout peut facilement être fait en 3 ou 4 jours avec plusieurs autres arrêts dans les autres ZEC. La beauté des ZEC est justement de pouvoir dormir où bon nous semble, c’est une liberté qui est bonne à vivre le temps de ce fabuleux projet, d’autant plus que le réseau cellulaire se fait rare sur la majorité du parcours.

En termes de matériel nous avons utilisé le seat packer pour 1 des vélos et le roll packer arrière pour l’autre. Le roll packer arrière offre la possibilité de mettre le sac sur ou sous le rack, ce qui offre suffisamment de dégagement pour utiliser la suspension arrière au besoin. Pour l’avant nous avons tous le roll packer avant. Un sac exceptionnel avec la petit compartiment pour à l’avant du sac pour un accès rapide pour la nourriture, l’appareil photo ou la cueillette de champignons! Les systèmes d'attachement n’ont pas bougé de tout le parcours malgré le terrain très accidenté.